Cameroun, Octobre 7
CSTC, USLC, CGT-LIBERTE, CSIC, CSAC, Bureau Sous Régional de l’OIT pour l’Afrique Centrale, L’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun, Fondation Friedrich Ebert de yaoundé
JOURNEE MONDIALE POUR LE TRAVAIL DECENT
JOURNEE DE RELEXION INTERSYNDICALE DE RENFORCEMENT DES CAPACITES DES LEADERS SYNDICAUX SUR LE TRAVAIL DECENT
RAPPORT DE SYNTHESE
BOURSE DU TRAVAIL DE L’USLC YAOUNDE 07 OCTOBRE 2008.
« Les Organisations Syndicales du Cameroun, membres de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun (UCSC) montent ensemble au créneau pour exiger le respect des droits fondamentaux au travail, la promotion de la solidarité syndicale, l’éradication de la pauvreté et la non discrimination à l’égard des femmes ».
Le 07 Octobre 2008 a donné l’occasion aux leaders et cadres syndicaux des Organisations Syndicales membres de l’Union des Confédérations syndicales du Cameroun (UCSC) en droite ligne des manifestations marquant la « Journée Mondiale pour le Travail Décent » de se mettre ensemble pour conduire une réflexion afin de mieux assurer l’organisation, l’étude, la défense et la conquête des doits fondamentaux au travail en s’appuyant sur les thèmes choisis par la Confédération Syndicale Internationale (CSI) promotrice de la campagne.
La Bourse du Travail de l’Union des Syndicats Libres du Cameroun à Yaoundé, a été le cadre de cette activité qui a réuni 32 leaders et cadres syndicaux des Fédérations Nationales, Syndicats Nationaux et Unions Départementales des Syndicats affiliés aux centrales membres que sont :
Ouvrant la séance, le Camarade René Bernard EKEDI, Coordinateur National en poste de l’Union des Confédération Syndicales du Cameroun a tout d’abord souhaité la bienvenue à l’ensemble des participants et a félicité les leaders et dirigeant syndicaux qui ont bravé les difficultés diverses pour prendre part à cette importante manifestation.
Il n’a pas oublié de se féliciter de l’initiative prise par la Confédération Syndicale Internationale de lancer cette campagne et indiquer les différents thèmes à développer.
Le Camarade Maximilien NTONE DIBOTI, Conseiller de l’UCSC a ensuite pris la parole pour relever combien il était important de conduire la réflexion sur le travail décent, au regard des problèmes que connaissent les travailleuses et les travailleurs du Cameroun.
Le Camarade Louis SOMBES, Coordinateur National Adjoint à quant à lui proposé aux participants une déclaration de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun portant sur la situation sociale au Cameroun, la lutte contre la pauvreté et la mondialisation.
Se fondant sur la Déclaration de l’Organisation Internationale du Travail de juin 1998 sur les principes et droits fondamentaux au travail adoptée par la Conférence Internationale du Travail en sa 86ème session, les Dirigeants des Organisations Syndicales membres de l’UCSC ont fait l’état des lieux de l’application des conventions internationales contenues dans cette déclaration et proposer la réponse syndicale pour relever le défi de la promotion du travail décent et partant, du développement économique et social de notre pays en insistant sur la ratification des différentes autres conventions de l’OIT et leur application.
Le Cameroun, ont-ils souligné, est un paradis de textes, quand on sait qu’il a ratifié l’ensemble des instruments internationaux et régionaux en matière de droits fondamentaux au travail. Malheureusement, cette ratification n’a toujours pas été suivie d’effet et les engagements pris par le Cameroun sont généralement restés au niveau des déclarations et des principes.
Le Gouvernement justifie généralement cette faiblesse par les exigences de la législation camerounaise, pour laquelle, le droit au travail devrait poursuivre trois grands objectifs : la protection du travailleur, la garantie de la paix sociale et la stabilité de plus en plus recherchée d’un meilleur équilibre entre les intérêts des partenaires sociaux.
On peut donc relever une certaine incohérence entre les conventions internationales ratifiées et la législation nationale.
Les Dirigeants des cinq centrales syndicales n’ont pas manqué de souligner pour le regretter que l’état ne joue pas toujours son rôle de régulateur en ce sens que les textes qu’il prend se révèlent parfois en contradiction avec le contenu des conventions internationales ratifiées, que celles-ci ne sont pas pris en compte dans le droit interne et que les inspecteurs du travail chargé de l’application des mesures édictées par les conventions internationales répugnent à remplir leur mission de contrôle, de constat des infractions et de poursuites des contrevenants.
Le dialogue social, véritable creuset des conditions primordiales d’un droit social adapté au contexte actuel de la société camerounaise est proclamer pendant les grandes messes comme fondamental de la politique du gouvernement, mais il tarde à se manifester par la conclusion des institutions pérennes chargées de promouvoir la culture de la négociation en respectant à la fois les impératifs de la productivité des entreprises et les droits des travailleurs. Le dialogue social suppose avant tout, la liberté d’organisation et la reconnaissance effective du droit de négociation.
Il y a encore au Cameroun des efforts à faire dans ce sens par le gouvernement, pour être en phase non seulement avec les conventions internationales, mais également avec sa loi fondamentale (la constitution), qui indique clairement que la liberté d’association, la liberté syndicale et le droit de grève sont garantis dans les conditions fixés par la loi.
S’agissant de la liberté syndicale, les intervenants n’ont pas manqué de souligner les restrictions qui pèsent sur le droit de syndicalisation, les conditions restrictives que le code du travail impose à l’encontre du droit des travailleurs à former un syndicat en application de l’article 6 du code du travail, la prescription des procédures distinctes pour les secteurs privé et public, les ingérences régulières du gouvernement et de certains employeurs qui s’immiscent dans les affaires syndicales à divers échelons et qui sont de nature à compromettre l’application des dispositions pertinentes des conventions internationales de l’OIT sur la liberté syndicale.
Le débat qui a suivi les interventions des Dirigeants des Centrales Syndicales a permis de tirer les conclusions suivantes : les questions de protection des droits des travailleuses et des travailleurs sont essentielles et requièrent en priorité l’attention des Organisations Syndicales, car elles déterminent leur identité, leur représentativité, la reconnaissance de leur droit à l’existence. L’environnement économique, social et politique dans lequel elles évoluent les contraint à polariser leur attention sur les problèmes immédiats de salaires et autres conditions de travail, ce qui ne leur laisse guère le loisir de réfléchir sur l’ensemble des éléments constitutifs du Droit du Travail dont découle forcément la protection des travailleuses et des travailleurs.
Concernant la solidarité, les intervenants ont fait remarqué que les syndicats qui ont comme objet, l’esprit de justice, de charité, de fraternité, le militantisme et la solidarité syndicale doivent mettre en œuvre des actions pratiques impliquant une coopération avec les organisations syndicales au niveau sous-régional, régional et international de manière bilatéral et multilatéral. Pour le Cameroun, cette action de solidarité passe forcément par l’adoption des attitudes positives en faveur de l’unité d’action qui ne doit pas compromettre le point de vue de ceux qui pensent à la conduite d’une réflexion qui aboutisse à la mise en œuvre d’une unité organique.
L’épineux problème des travailleurs de l’économie informelle et les défis à relever par les syndicats pour les organiser et assurer la protection et la défense de leurs intérêts a été longuement débattu. Des actions spécifiques doivent être conduites en faveur de cette couche des travailleurs ;
Les participants on échangé sur les différents programmes portant su le VIH- SIDA en milieux de travail. L’UCSC développe avec Care Cameroun un programme dont les objectifs et le plan d’action ont été présentés par le Camarade Louis SOMBES. Les directives pratiques de l’OIT sur le VIH/SIDA en entreprise ont également fait l’objet de développement.
Pour conclure sur ce point, les présentateurs ont insisté sur le fait que la solidarité syndicale doit se construire comme ferment d’une solidarité sociale. En effet, nous ne pouvons pas comme organisation syndicale nous préoccuper uniquement d’améliorer le niveau de vie de nos travailleurs et fermer les yeux sur le sort de nos voisins et voisines, de nos concitoyens et concitoyennes. Ce serait une façon de faire égoïste, indigne de l’esprit même du syndicalisme.
Le rôle social d’une organisation syndicale se traduit aussi par l’encouragement de ses membres à s’impliquer à différents niveaux au sein de la société et à apporter leur contribution personnelle pour améliorer les conditions de vie de l’ensemble des gens. Il n’est donc pas surprenant de retrouver certains travailleurs qui œuvrent au sein de divers organismes et qui supportent bénévolement plusieurs causes. C’est conforme à l’esprit même de solidarité du syndicalisme. La solidarité syndicale, c’est également élargir son champ d’action au niveau sous-régional, régional et international.
Parlant de l’éradication de la pauvreté et des inégalités, les intervenants ont tour à tour entretenu les participants sur la situation du Cameroun et l’accession du Cameroun à l’initiative de Petits Pays Pauvres Très Endettés, des différents Documents Stratégiques de Réduction de la Pauvreté (DSRP) adoptés et remis aux Institutions Financières internationales pour rejoindre l’objectif du sommet du millénaire qui est de réduire la pauvreté mondiale de moitié à l’horizon 20015. Au Cameroun, ont encore observé les présentateurs, nous assistons de plus en plus au déclin des entreprises et à l’interruption de la montée du travail à temps plein, régulier et à contrat indéterminée. La précarité du travail devient de moins en moins supportable avec la pratique des contrats à durée déterminée et le travail à la tâche qui finissent par appauvrir le travailleur.
Les points caractéristiques de la pauvreté dans nos villes et nos campagnes peuvent se résumer par la « vulnérabilité » des populations. Les facteurs de la pauvreté, il faut le remarquer sont interdépendants, avec les difficultés résultant de l’accès difficile aux soins de santé, aux structures d’enseignement, à un logement adéquat, au crédit et à d’autres facilités de travail et de revenu.
Cette situation est aggravée par le chômage des jeunes, la chute des salaires réels dans le secteur public, dans les grandes entreprises ainsi que dans l’économie informelle, sans ignorer un certain déclin de la protection sociale.
Les différents orateurs n’ont pas manqué de souligner que les problèmes sociaux (désorientation, instabilité et incertitude) renforcés par les espoirs déçus et l’inadéquation entre les revenus et la tentation de la ville ont fini par conduire à des explosions sociales, à des formes de violence et de criminalité dont les jeunes sont tant les auteurs que les victimes.
L’Union des Confédération Syndicales du Cameroun (UCSC) n’a eu de cesse de solliciter l’implication des Organisations syndicales dans la définition et l’élaboration des politiques concourant à l’éradication de la pauvreté. Nous avons toujours pensé qu’une concertation est nécessaire et doit se faire sur la base des exemples suivants :
Pour ce qui est de la mondialisation, les orateurs ont affirmé que les fondements de l’action syndicale sont : la défense des droits du travail et celle des conditions de travail et d’emploi. Aussi convient-il de les confronter aux deux processus essentiels que recouvre la mondialisation : le redéploiement des institutions politiques, professionnelles et financières à l’échelle mondiale, régionale, nationale et locale et la différenciation des enjeux et des formes d’action collective selon le niveau de développement économique de chaque société. Il est facile de dire que le capital est mondial, alors que le travail est local – que tandis que les entreprises se sont dotées d’un cadre pour agir efficacement à l’échelle transnationale, les syndicats, eux, sont restés coincés dans une vision du monde dominée par le cadre de l’Etat-nation. Pourtant, il existe des organisations syndicales internationales à l’exemple d’UNI, de l’UITA qui ont avec des multinationales engagé des accords-cadres, qui permettent aujourd’hui d’assurer la protection des droits des travailleurs à travers le monde.
Cette nouvelle donne démontre de ce que le syndicalisme dans les années à venir peut expérimenter de nouveaux modes d’action originaux pour répondre de façon innovante à la mondialisation. Certes, l’adaptation des organisations syndicales à une économie mondialisée n’est pas sans poser de problèmes et relève pour l’instant davantage d’un processus en construction. Pour autant, comme en témoigne très clairement toute une série de nouvelles études, d’importantes avancées sur le plan théorique et pratique ont été enregistrées.
Parlant de l’élimination de la discrimination en matière d’emploi, les orateurs ont noté que la législation camerounaise en la matière est assez positive. Quelques pratiques défavorables à la femme mariée, telle l’autorisation de sortie du territoire nationale, ont été supprimées avec le vent des libertés, en 1990. Il n’empêche que quelques ponts d’ombres ou de lacunes subsistent dans les textes. Ils notent également que souligné que la discrimination dans l’emploi et la profession est surtout provoquée par les facteurs extérieurs aux textes, notamment les traditions, la mentalité ambiante, le niveau de formation. Ces derniers facteurs défavorisent particulièrement le travailleur de sexe féminin.
En matière salariale, le code du travail pose une des règles les plus importantes du droit de travail : « à conditions égales de travail, d’aptitudes professionnelles, le salaire est égal pour tous les travailleurs, quels que soient leur origine, leur sexe, leur âge, leur statut et leur confession religieuse… ». Mais ces solutions que reprennent certaines conventions collectives, ne donnent aucune possibilité de transformer la réalité sociale pour une raison essentielle : aucun outil de mesure de l’égalité des conditions de travail n’est fourni par le législateur. En conséquence, on doit en pratique, se limiter à voir si les travailleurs de la même catégorie, présentant la même ancienneté sont traités de la même façon. Le débat sur l’égalité, s’est étendu à la place de la femme dans les syndicats.
Qu’il s’agisse de leur place dans les structures, des lois arrachées pour mettre un terme à la discrimination, des conditions de travail négociées, les avancées peuvent être qualifiées de considérables. Et les syndicats, après avoir ouvert la voie à des dossiers comme les harcèlements sexiste et sexuel, les problèmes de santé propres aux emplois féminins, continuent à en traiter d’autres, comme la conciliation travail-famille, le harcèlement moral, etc...
Il semble donc important pour le Mouvement syndical de consacrer une réflexion poussée sur la question.
Les travaux se sont poursuivis par des ateliers en groupe qui on traité des thématiques ci-après :
RESOLUTIONS ET RECOMMANDATIONS
A la clôture des travaux, les participantes et les participants ont tout d’abord tenu à féliciter l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun et l’ensemble des Dirigeants des Centrales Syndicales membres, pour l’organisation de cette activité. Ils ont également remercié l’USLC et son Président pour le cadre mis à leur disposition pour la tenue des travaux. Ils ont enfin rendu un vibrant hommage à la Confédération Syndicale Internationale (CSI) pour avoir eu la lumineuse idée de lancer cette campagne sur le Travail Décent.
Les participantes et les participants ont salué la présence à l’ouverture des travaux de la Représentante du Groupement Interpatronal du Cameroun dont la présence témoigne de la volonté du Patronat Camerounais d’établir avec les Organisations Syndicales des rapports de coopération en vue de dynamiser le dialogue social.
A la suite des travaux, les leaders de la CSTC, de l’USLC, de la CGT- Liberté, de la CSIC et de la CSAC se sont réunis en un plateau de communication et d’action pour délivrer aux professionnels des médias « le message de la Confédération Syndicale Internationale sur le Travail Décent ».
Ils ont placé leurs interventions dans le contexte camerounais en prenant ancrage sur la législation camerounaise en matière des droits fondamentaux au travail, les obstacles à l’application des conventions fondamentales de l’OIT en la matière et les problèmes liés à l’éradication de la pauvreté.
Nous ne pouvons que regretter le peu d’intérêt que la presse nationale et internationale invitée par tous les canaux de communication a manifesté pour cette activité et remercions les différents organes qui ont pris la peine de nous joindre à cette conférence de presse qui a donné l’occasion de faire part de la situation sociale au Cameroun, caractérisé par : le coût élevé de la vie, le chômage, le sous-emploi et les dérives managériales des entreprises.
JOURNEE MONDIALE POUR LE TRAVAIL DECENT Le 7 octobre 2008
Déclaration des Organisations Syndicales Membres de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun (UCSC) Présentée par Louis SOMBES Coordinateur National Adjoint Chargé de l’Administration
Le Premier Mai 2008 à l’occasion de la 123ème édition de la Fête Internationale du Travail, les leaders de cinq Centrales Syndicales membres de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun (UCSC) qui sont :
ont décidé dans un même élan d’adresser un message fort au Gouvernement, condamnant énergiquement les dérives constatées dans la gestion de la politique sociale, situation qui a plongé et continue de plonger le travailleur dans un état de pauvreté et d’insécurité. Cet éveil de conscience salué par tous les travailleurs va confirmer la détermination des principaux dirigeants des organisations syndicales pour une nouvelle définition d’un cadre de concertation qui met en exergue l’unité d’action face à l’ensemble des défis à relever par le mouvement syndical camerounais.
Depuis les années 90 et avec l’avènement de l’ère de la démocratie, le mouvement syndical camerounais a connu d’importantes mutations. Le pluralisme syndical, nés des scissions diverses, loin de rapprocher les Centrales Syndicales, a d’emblée créé des velléités de méfiance marquées souvent par des accrocs verbaux, des délations et des ingérences intempestives, généralement nuisibles aux intérêts des travailleurs. D’autre part, l’inflation galopante (près de 6 %), le chômage (30 %), la pauvreté dont le niveau est assez élevé ont aggravé la misère des travailleurs déjà frappés par la précarité de l’emploi et les bas salaires.
La grogne sociale et différentes manifestations consécutives au non respect des droits des travailleurs n’inquiètent guère le Gouvernement qui profite de la division des Centrales Syndicales pour appliquer les mesures impopulaires de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International décriées par les travailleurs. Face à cette situation et conscients de l’importance d’agir en front uni, les leaders syndicaux des cinq centrales syndicales membres de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun ont résolu de saisir l’occasion que leur offre la « Journée Mondiale pour le Travail Décent » pour engager une réflexion profonde sur les thèmes retenus pour cette campagne.
Il s’agit pour ces organisations syndicales de promouvoir la notion de travail décent dans tous les aspects nécessaires à l’accomplissement de meilleures relations professionnelles dans les entreprises et le renforcement des capacités des syndicats membres en matière de défense des droits des travailleurs.
La grogne sociale et différentes manifestations consécutives au non respect des droits des travailleurs n’inquiètent guère le Gouvernement qui profite de la division des Centrales Syndicales pour appliquer les mesures impopulaires de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International décriées par les travailleurs.
Pourquoi le travail décent est-il important?
Toute personne dans le monde devrait pouvoir avoir un emploi lui permettant de mener une vie digne répondant à ses besoins essentiels. A cette fin, l’emploi est un facteur fondamental. C’est pourquoi nous exhortons le gouvernement à se consacrer davantage à la création d’emplois, et pas seulement de tout emploi, mais bien d’emplois décents pour tous.
Dans de nombreux cas, on affirme que les pays ne peuvent se permettre des salaires équitables ni de meilleures conditions; toutefois, les bénéfices à long terme prédomineront rapidement sur les coûts à court terme. C’est pourquoi le travail décent est la meilleure manière de lutter contre la pauvreté mondiale. Pour la majorité des personnes dans le monde entier, l’insuffisance d’emplois est synonyme de pauvreté.
Dans le cas précis du Cameroun, si nous pouvons affirmer que les initiatives de lutte contre la pauvreté ont été ces dernières années particulièrement innovantes, notamment celles qui relèvent de l’économie sociale, de l’insertion socioprofessionnelle et du développement économique communautaire, nous devons également dire que beaucoup reste encore à faire pour éradiquer la pauvreté dans notre Pays. Nous assistons de plus en plus au déclin des entreprises et à l’interruption de la montée du travail à temps plein, régulier et à contrat indéterminée. La précarité du travail devient de moins en moins supportable avec la pratique des contrats à durée déterminée et le travail à la tâche qui finissent par appauvrir le travailleur.
Par ailleurs, on peut noter une certaine crise de la production des services collectifs, générant une désorganisation de l’économie ainsi que l’ébranlement des dispositifs traditionnels de scolarisation et des structures de santé.
Les points caractéristiques de la pauvreté dans nos villes et nos campagnes peuvent se résumer par la « vulnérabilité » des populations. Les facteurs de la pauvreté, il faut le remarquer sont interdépendants, avec comme nous l’avons déjà dit tantôt, les difficultés résultant de l’accès difficile aux soins de santé, aux structures d’enseignement, à un logement adéquat, au crédit et à d’autres facilités de travail et de revenu.
Cette situation est aggravée par le chômage des jeunes, la chute des salaires réels dans le secteur public, dans les grandes entreprises ainsi que dans l’économie informelle, sans ignorer un certain déclin de la protection sociale.
Il y a lieu ici constater avec regret que les dernières revalorisations des salaires n’ont concerné que le personnel militaire et des services publics, ce que les travailleurs du secteur privé considèrent comme une discrimination.
Nous ne pouvons pas manquer également de souligner que les problèmes sociaux (désorientation, instabilité et incertitude) renforcés par les espoirs déçus et l’inadéquation entre les revenus et la tentation de la ville ont fini par conduire à des explosions sociales, à des formes de violence et de criminalité dont les jeunes sont tant les auteurs que les victimes.
Les organisations syndicales, membres de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun n’ont jamais eu de cesse de solliciter leur implication à la définition et à l’élaboration des politiques concourant à l’éradication de la pauvreté. Nous avons toujours pensé qu’une concertation est nécessaire et doit se faire sur la base des exemples suivants :
Mais les travailleurs et leurs syndicats pensent également que, plus que des discours, la volonté nationale de lutte contre la pauvreté devrait aller au bout de sa logique par l’institution d’une loi qui guidera le Gouvernement dans ses actions de lutte contre la pauvreté.
S’agissant de la mondialisation, nous pouvons affirmer que la prise en compte des questions liées à celle-ci remontent à l’histoire du mouvement syndical qui s’est toujours située dans une perspective de l’intégration tant au plan sous-régional, régional qu’international. L’UCSC considère que l’intégration est un instrument incontournable du renforcement de ses capacités et de sauvegarde de la justice sociale dans un monde de plus en plus dominé par un libéralisme sauvage et une mondialisation socialement inacceptable.
En effet, la réalité quotidienne nous démontre que la mondialisation a bousculé les habitudes. Nous vivons dans un monde pleinement interdépendant, transformé par des techniques de l’information et de la communication (TIC) en un village planétaire dominé par le commerce international et la libéralisation des échanges.
Au plan syndical, la problématique de l’intégration a conduit les travailleurs à des regroupements unitaires pour y conquérir le droit de s’organiser et revendiquer les libertés fondamentales allant jusqu’au droit à la souveraineté nationale des pays.
Les Syndicats camerounais ont contribué à la mise en place de ces regroupements et particulièrement de l’UGTAN et de l’OUSA. Ceci explique, comme nous l’indiquions plus haut notre revendication légitime d’être consulté et de participer à la détermination des programmes économiques et sociaux. Cette revendication peut avoir un impact plus important dans un cadre sous-régional, régional et international.
L’Union des Confédération Syndicales du Cameroun est d’avis que le mouvement syndical africain ne saurait rester en marge de l’intégration. L’intégration économique africaine ne peut se réaliser sans l’intégration syndicale. Pour ce faire, des réflexions profondes sont nécessaires afin de construire des convergences et mettre en place des procédures et des instruments qui permettent au mouvement syndical africain d’atteindre le triple objectif de renfoncement de son ancrage au plan sous-régional et régional, la promotion et la sauvegarde de la justice sociale et la participation au développement économique.
Qu’est le travail décent?
Le travail décent, comme concept et programme, a été introduit et promu initialement par l’Organisation internationale du travail (OIT) en 1999.
La définition du travail décent selon l’OIT
Le travail décent, tel que défini par l’OIT et approuvé par la communauté internationale, est la possibilité pour chaque femme et chaque homme d’accéder à un travail productif dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité. Il regroupe divers éléments :
Prenant en compte ce qui précède, les organisations syndicales membres de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun, s’engagent à :
1. Pousser le Gouvernement et les employeurs à mettre en place un cadre de dialogue social formel qui permette de régler les conflits individuels et collectifs dans le cadre de l’entreprise ; 2. Pousser le Gouvernement ç ratifier l’ensemble des conventions internationales de l’OIT et à les mettre en application ; 3. Renforcer les capacités des leaders syndicaux par la mise en place d’une structure solide qui devrait leur servir de cadre de concertation et d’outil incontournable pour résoudre les nombreux problèmes des travailleuses et des travailleurs du Cameroun. 4. Promouvoir l’amélioration du cadre et des conditions de vie et de travail des masses laborieuses du Cameroun. 5. Renforcer les capacités des organisations membres dans les domaines de la sécurité sociale, la promotion de la femme travailleuse, la solidarité syndicale sous-régionale, régionale et internationale.
Pour l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun l’utilité et l’importance du dialogue et de la concertation en matière des relations professionnelles dans les entreprises ne sont plus à démontrer. En plus d’asseoir ce dialogue et cette concertation sur le respect de chaque partenaire et la mise en place de structures bipartites de consultation
Il serait dangereux de limiter le dialogue social à un état d’esprit. Dans une société fondée sur le contrat, le dialogue social exige, pour assurer l’équilibre minimal des forces nécessaires à sa mise en œuvre, une situation permanente et des acteurs permanents reconnus.
Le dialogue social contribue de manière décisive à promouvoir les possibilités pour les hommes comme pour les femmes de prétendre à un travail décent et productif dans un climat de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité humaine.
Le respect des droits fondamentaux au travail, l’éradication de la pauvreté et des inégalités, la promotion de la justice sociale, de l’égalité et de l’équité dans les entreprises, ne peuvent connaître un meilleur essor qu’au travers d’un dialogue social. Comme le précise l’OIT : Le dialogue social contribue de manière décisive à promouvoir les possibilités pour les hommes comme pour les femmes de prétendre à un travail décent et productif dans un climat de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité humaine.
POUR LA CSTC,
LE PRESIDENT CONFEDERAL,
Maximilien NTONE DIBOTI
POUR L’USLC,
LE PRESIDENT CONFEDERAL,
Flaubert MOUSSOLE
POUR LA CGT-LIBERTE,
LE PRESIDENT CONFEDERAL,
René Bernard EKEDI
POUR LA CSIC,
LE PRESIDENT CONFEDERAL
Oumarou MOUGOUE
POUR LA CSAC,
LE SECRETAIRE GENERAL EXECUTIF,
Louis SOMBES
Séminaire national intersyndical et conférence de presse
Séminaire national intersyndical sur la solidarité
Organisateurs : Union des Confédérations Syndicales du Cameroun : CSTC, USLC, CGT-LIBERTE, CSIC, CSAC
Avec l’appui du Bureau Sous Régional de l’OIT pour l’Afrique Centrale et de la Fondation Friedrich Ebert de Yaoundé
Début des travaux : 10.30 h.
Les principaux sous-thèmes porteront sur
1. "Le travail décent et la relation de travail"
2. "La législation nationale camerounaise en matière de protection des travailleurs"
3. "Le règlement des conflits individuels et collectifs du travail"
4. "La sécurité sociale et le contentieux de la Sécurité Sociale"
5."Le travail décent et la protection de la femme travailleuse"
Conférence de presse Heure : 15.00 h.
La conférence de presse vise à sensibiliser le public sur la problématique du travail décent et permettra aux responsables des centrales syndicales de donner leur lecture sur l’application des conventions fondamentales de l’OIT sur les droits fondamentaux au travail et la mise en œuvre d’un dialogue social transparent et constructif.
Les centrales syndicales ont aussi les leaders des organisations syndicales de l’Afrique centrale, membres du Réseau des syndicalistes des pays de la CEMAC participants aux Universités d’été de la Friedrich Ebert au Cameroun.
Activité préparatoire
ATELIER INTERSYNDICAL DE RENFORCEMENT DES CAPACITES DES LEADERS SYNDICAUX SUR LE TRAVAIL DECENT
Yaoundé, du 25 et 26 Septembre 2008
INTRODUCTION
Le Premier Mai 2008 à l’occasion de la 123ème édition de la Fête Internationale du Travail, les leaders de cinq Centrales Syndicales membres de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun (UCSC) ont décidé dans un même élan d’adresser un message fort au Gouvernement, condamnant énergiquement les dérives constatées dans la gestion de la politique sociale, situation qui a plongé et continue de plonger le travailleur dans un état de pauvreté et d’insécurité. Cet éveil de conscience salué par tous les travailleurs va confirmer la détermination des principaux dirigeants des organisations syndicales pour une nouvelle dimension d’un cadre de concertation qui met en exergue l’unité d’action face à l’ensemble des défis à relever par le mouvement syndical camerounais.
JUSTIFICATION
Depuis les années 90 et avec l’avènement de l’ère de la démocratie, le mouvement syndical camerounais a connu d’importantes mutations. Le pluralisme syndical, nés des scissions diverses, loin de rapprocher les Centrales Syndicales, a d’emblée créé des velléités de méfiance marquées souvent par des accrocs verbaux, des délations et des ingérences intempestives, généralement nuisibles aux intérêts des travailleurs.
D’autre part, l’inflation galopante (près de 6 %), le chômage (30 %), la pauvreté dont le niveau est assez élevé ont aggravé la misère des travailleurs déjà frappés par la précarité de l’emploi et les bas salaires. La grogne sociale et différentes manifestations consécutives au non respect des droits des travailleurs des entreprises liquidées ou privatisées n’inquiètent guère le Gouvernement qui profite de la division des Centrales Syndicales pour appliquer les mesures impopulaires de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International décriées par les travailleurs.
Face à cette situation et conscients de l’importance d’agir en front uni, les leaders syndicaux des cinq centrales syndicales membres de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun ont résolu de saisir l’occasion que leur offre la Journée Mondiale pour le Travail Décent pour engager une réflexion profonde sur les thèmes retenus pour la célébration de cette journée
OBJECTIF GENERAL
Promouvoir la notion de travail décent dans les aspects nécessaires à l’accomplissement de meilleures relations professionnelles dans les entreprises et renforcer les capacités des syndicats membres en matière de défense des droits des travailleurs.
OJECTIFS SPECIFIQUES
1. Pousser le Gouvernement et les employeurs à mettre en place un cadre de dialogue social formel qui permette de régler les conflits individuels et collectifs dans le cadre de l’entreprise;
2. Renforcer les capacités des leaders syndicaux par la en place d’une structure solide qui devrait leur servir de cadre de concertation et d’outil incontournable pour résoudre les nombreux problèmes des travailleurs du Cameroun.
3. Promouvoir l’amélioration du cadre et des conditions de vie et de travail des masses laborieuses du Cameroun.
4. Renforcer les capacités des organisations membres dans les domaines de la sécurité sociale, la promotion de la femme travailleuse, la solidarité syndicale sous-régionale, régionale et internationale.
RESULTATS ATTENDUS
A la fin de l’atelier, les participants seront capables de :
De maîtriser la problématique du travail décent et ses différents contours dans le cadre d’une unité d’action solidaire.
De partager les différentes expériences sur les services à fournir aux membres.
De conduire des activités de défense et de protection des droits des travailleurs.
De mettre en synergie les différents programmes d’éducation et de communication des membres dans les domaines de la sécurité sociale, la promotion de la femme travailleuse et la solidarité syndicale.
POPULATION CIBLE
Dirigeants des centrales syndicales
Cadres confédéraux.
PARTENAIRES
La Fondation Friedrich Ebert ;
Le Bureau régional de l’OIT pour l’Afrique Centrale ;
FINANCEMENT
Fondation Friedrich Ebert
Bureau Sous Régional de l’OIT pour l’Afrique Centrale ;
Organisations syndicales membres de l’UCSC.
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